Anatomie fonctionnelle et physio-pathologie

 

1)      Anatomie fonctionnelle et mécanismes de stabilisation :

 

La ceinture scapulaire est composée de 3 os (la scapulala clavicule, et l' extrémité proximale de l’humérus), 2 articulations principales vraies  (gléno-humérale et acromio-claviculaire), de nombreux ligaments, des muscles et leurs tendons. 

La scapula est articulée avec le glil costal. Cette syssarchose est essentielle dans le complexe articulaire de l'épaule ; si l'articulation gléno-humérale assure 50 % de la mobilité, elle assure le reste. Toute perte de mobilité dans cette dernière a des répercussion sur la coiffe des rotateurs.


 

a) Stabilisation passive

 

Les principaux ligaments sont les ligaments gléno-huméraux (inférieur, moyen, supérieur), qui sont des épaississements de la capsule articulaire, dont le ligament gléno-huméral inférieur est le plus important. Leur rôle est d'aider à stabiliser l'articulation gléno-humérale en avant, et d’appuyer le rôle de la coiffe des rotateurs [4,5,6]. C'est ce complexe ligamentaire qui est distendu lors d'une hyper-laxité antérieure.

 

Aussi la bourse séreuse sous-acromiale recouvre la coiffe des rotateurs et peut lui fournir une certaine protection mécanique contre l'acromion et le conflit sous-acromial. 

 

 

 

b) Stabilisation active

 

Le groupe de muscles clés de l'épaule est la coiffe des rotateurs, composé de (d'avant en arrière), le sub-scapulaire, le supra-épineux, l’infra-épineux, et le petit rond. Le rôle principal de la coiffe des rotateurs est de fonctionner comme stabilisatrice dynamique et fonctionnelle de l'articulation gléno-humérale. Le chef long du tendon du biceps, situé entre le sub-scapulaire et du supra-épineux, aide aussi la coiffe des rotateurs dans la stabilisation de l'articulation gléno-humérale [4,5,6,7]. Ces muscles et leurs tendons peuvent être surexploités et lésés dans les activités de l'épaule dominante comme la natation. D'autre part, les "muscles puissants" de l’ épaule, dont le grand dorsal, grand pectoral, et le deltoïde, sont responsables du déplacement du bras à travers l'espace ou l'eau, sont rarement lésés mais peuvent présenter des hypoextensibilités.

 

 

Enfin, le trapèze, l’élévateur de la scapula, les rhomboïdes, et le dentelé antérieur permettent de stabiliser et de la position de la scapula et de la ceinture scapulaire de manière générale [4,5]. Ils sont donc très importants pour la natation. Sans une plate-forme stable à partir de laquelle s’effectue le mouvement, l'épaule et le bras ne peut pas fonctionner efficacement [4,6]. Heureusement, ils sont aussi parfois la seule source de dommage significatif chez le nageur de haut niveau. Le trapèze et le dentelé antérieur (et de manière plus large les fixateurs de la scapula) peuvent subir une fatigue mécanique importante ce qui peut aboutir à une dyskinésie scapulo-thoracique et à un conflit sous-acromial (ou impingement syndrome). Un changement dans la composition de l’épaule modifie le mouvement de celle-ci [1,7].


 

2)      Physio-pathologie spécifique :

 

On dénombre 4 styles de nage : la nage libre ou crawl, le papillon, la brasse et le dos. Biomécaniquement, chaque coup de bras peut être divisé en pas moins de 5 phases différentes, mais pour des raisons de simplicité, chaque mouvement sera divisé en deux phases principales: la propulsion et le retour.

 

En considérant qu'un nageur nage en moyenne 8 à 12 km par jour (2 entrainements quotidiens), 5 à 7 jours par semaine, à raison de 9 900 mouvements d'épaule pour chaque membre par jour (jusqu'à 16 500 pour les femmes), il parrait évident qu'on place des contraintes en intensité et en répétition sur l'épaule, favorisant ainsi l'évolution vers un contexte pathologique [8,9,10].


 

 

a) La lésion du crawleur :

 

Le tendon du supra-épineux est celui le plus souvent lésé lors du crawl. Plusieurs mécanismes sont mis en cause pour expliquer ceci :

- Le conflit sous-acromial ou impingement syndrome décrit par Neer. Il survient lors de l'entrée à l'eau (hyper-rotation médiale de l'épaule) et en fin de poussée [11,12].

- Un défaut de vascularisation, responsable d'une lésion d'origine ischémique, la lésion touchant le supra-épineux dans sa zone avasculaire à 1 cm de son insertion sur le tubercule majeur. 

 

 

b) La lésion du dossiste : 


Le dos sollicite l'épaule dans des amplitudes extrêmes. Les nageurs développent une laxité multi-directionnelle d'épaule non seulement par l'exercice de la nage mais aussi par les exercices réalisés sur le bord du bassin. Qui n'a pas vu Franck Esposito avec les bras tendus derrière le dos ... La conséquence est une distension de la capsule antérieure ainsi que des ligaments gléno-huméraux qui protègent normalement l'articulation [4]

 


c) La lésion du papillonneur : 

 

Lors de la phase aquatique il n'y a pas de différence majeure entre le papillon et le crawl si ce n'est que le mouvement est bilatéral. En revanche lors de la phase aérienne, le nageur utilise le plus souvent un retour balistique, c'est à dire coude tendu. La conséquence de la répétition de ce geste est la souffrance de la longue portion du biceps. En effet, il est étiré de manière prolongée par l'avancée de la tête humérale en fin de phase de propulsion et durant toute la phase aérienne.

 

 

d) La lésion du brasseur :

 

La principale lésion chez le brasseur se situe au niveau du genou avec une souffrance du compartiment médial lors du "ciseau". Des tendinopathies des tendons des muscles de la patte d'oie ainsi que des adducteurs peuvent aussi survenir.

On note aussi une pathologie moins fréquente : l'atteinte de l'articulation acromio-claviculaire suite à l'association élévation antérieure / adduction.

 

 

La force et la puissance sont nécessaires pour une propulsion maximale, tandis que la souplesse de l’épaule est requise pour un système efficace et un retour plus rapide. L’augmentation de la souplesse de l'épaule et de l’amplitude du geste sont bénéfiques à toutes les nages mais peuvent aboutir à une laxité accrue de la capsule de l'articulation gléno-humérale et des ligaments, stabilisateurs statiques de l'épaule. Cette laxité doit alors être compensée par une coiffe des rotateurs plus forte, afin de garder la tête humérale centrée sur la glène pendant l'activité, une exigence nécessaire à l’efficacité et à la stabilité, pour éviter une lésion du bourrelet glénoïdien.



Un lien intéressant sur l'anatomie de l'épaule